7 entreprises de Rennes ont Changé de Logo | ce que ça nous dit sur leur stratégie

Écrit par hassan

juin 24, 2026

Introduction à l’identité visuelle

Quand une entreprise opère un changement de logo à Rennes, ce n’est jamais anodin. Derrière chaque refonte d’identité visuelle se cache une décision : un repositionnement assumé, une ambition nouvelle, parfois simplement le constat honnête que l’image actuelle ne correspond plus à ce que la marque est devenue.

Ces dernières années, plusieurs entreprises rennaises ont fait ce choix. Des restaurants qui changent de concept, des commerces qui montent en gamme, des structures qui sortent de leur niche d’origine. À chaque fois, le changement de logo est le signal visible d’une évolution plus profonde.

J’ai sélectionné sept de ces rebrands, observés dans différents secteurs à Rennes, pour comprendre ce que chaque changement de logo dit — graphiquement et stratégiquement — de l’entreprise qui l’a choisi. Parce qu’un logo, c’est rarement une question de goût. C’est presque toujours une question de positionnement.

    1. La Bonne Nouvelle → BN Brasserie Rennaise

     

    L’ancien logo était un badge vintage, avec le nom complet inscrit en typographie script ornée sur fond bois. L’identité « Bar – Restaurant – Tapas » était lisible, chaleureuse, mais elle portait les codes d’une époque. 

    Le nouveau logo va à l’opposé : un monogramme « BN » dans un cercle, fond bordeaux, « Brasserie Rennaise » en petites capitales. Sobre, presque institutionnel.

    Ce changement dit quelque chose de clair : l’établissement a changé de registre. Passer de « La Bonne Nouvelle – Bar Tapas » à « BN – Brasserie Rennaise », c’est monter en gamme et clarifier l’offre. Le monogramme ne fonctionne que pour une marque qui a déjà construit sa reconnaissance. Ici, ça suppose que leurs habitués les connaissent assez pour ne pas avoir besoin du nom complet. Pari risqué, mais cohérent avec une montée en positionnement.

    Le bordeaux, teinte rare dans la restauration rennaise, ancre l’identité dans quelque chose de distinctif et Bretonnement sérieux.

     

    2. Deiz Mat Burger → Deiz Mat Ouest Coast Burger

     

    L’ancien logo assumait pleinement ses origines : typographie cursive, badge circulaire, « Depuis 2015 » inscrit dans l’arc inférieur. Le lexique visuel du craft burger, tel qu’il existait au milieu des années 2010. Rendant le tout fun.

    Le nouveau logo tranche sans hésiter : « DEIZ MAT » en capitales grasses, jaune vif sur bleu électrique, « Ouest Coast Burger » en sous-titre sans empattements. Pas de cercle, pas d’ornement, pas de justification historique. 

    Trois signaux dans cette refonte. D’abord, le mot « Burger » quitte le nom principal — ils ne veulent plus être définis uniquement par leur produit. Ensuite, « Depuis 2015 » disparaît — ils n’ont plus besoin de se justifier par l’ancienneté. Enfin, « Ouest Coast » s’impose comme positionnement : un jeu de mots entre le Ouest breton et la West Coast américaine, qui installe une double identité. La typographie blocky et le bleu inattendu pour le secteur alimentaire créent une rupture volontaire avec les codes habituels de la restauration rapide.

    C’est le rebrand d’une marque qui a grandi et qui le sait, la faisant passer dans quelque chose de plus institutionnel en se rapprochant graphiquement de Burger King ou Mac Do. Il est possible de créer une vrai marque grâce à ce nouveau logo. 

     

    3.eBikes city → Vélo Station Rennes

    L’ancien logo portait la marque de son époque : écriture à la main simulée, « eBikes city » en noir, le « e » en vert avec un éclair : tout pour signaler l’aspect électrique et startup. Le slogan « Le vélo pour la vie » était là pour humaniser.

    Le nouveau logo prend une autre direction : le mot « Vélo » en cursive blanche sur fond orange, « Station » en capitales droites, « Rennes » ancré en dessous.

    Le changement de nom est le signal le plus fort ici. « eBikes city » était une promesse électrique spécifique. « Vélo Station Rennes » est une promesse de service complet, ouvert à tous les types de vélos, ancré localement, identifié comme un lieu (une station). L’orange tranche nettement avec le vert des codes habituels du vélo électrique. Et l’ajout de « Rennes » dans le logo lui-même est une décision rare : peu de commerces s’identifient à leur ville dans leur identité visuelle. C’est une manière de dire que cette marque appartient à Rennes, pas à une franchise nationale. 

      4.Ethnic Food

       

      L’ancien logo : un tampon circulaire vert sombre, « ETHNIC FOOD » en fonte bold, globe grossier au centre représenté sur al version haute par un burger, grâce à ce qui semble être des graines de sésames. L’effet stamp fait son effet et le restaurant s’affirme tout de suite sans contexte, comparé à ses concurrents. 

      Le nouveau logo reprend exactement le même concept de manière plus moderne et épuré : cercle, globe, arche de texte — mais refait entièrement. « Sandwichs du Monde » apparaît dans l’arc supérieur, le globe est proprement illustré en blanc, et « ETHNIC FOOD » est décliné en couleurs chaudes et froides (vert, orange, rouge) qui évoquent les épices et la diversité des cuisines. On peut encore deviné le chapeau haut d’un burger mais cette fois-ci sans les graines de sésames pour une version plus épurée. 

      Ce rebrand est intéressant parce qu’il n’a pas cherché à révolutionner. L’ADN visuel est conservé, ce qui est intelligent pour une marque locale qui a construit une reconnaissance. Ce qui change, c’est la qualité d’exécution et un élément clé ajouté : le descriptif « Sandwichs du Monde ». En trois mots, l’offre est claire. Quelqu’un qui ne connaît pas la marque comprend immédiatement ce qu’il trouvera. C’est un principe de base du branding que beaucoup d’entreprises négligent. 

      5. Roadside Burger → Roadside

       

      L’ancien logo appartient au registre du badge Americana classique : cercle rouge, bannière centrale, étoiles, « AUTHENTIC ★ BURGER ». Efficace dans son genre, mais très typé dans ses codes, très partagé avec des dizaines d’autres marques similaires.

      Le nouveau logo fait quelque chose d’inhabituel : il intègre une photographie dans un cercle. On voit une route qui s’étend vers des montagnes, et le mot « ROADSIDE » en bandeau rouge au centre.

      La photo dans un logo est un choix technique risqué — les contraintes de reproduction et de mise à l’échelle sont réelles — mais l’impact visuel est immédiat et mémorable. « Burger » disparaît du nom, comme chez Deiz Mat : le restaurant ne veut plus être enfermé dans une catégorie unique. La route vers l’horizon est cohérente avec le nom « Roadside » et crée une image mentale forte. Ce n’est plus un logo générique de burger américain : c’est une marque qui a sa propre iconographie.

       

      6.Sonowest → Sono West

      L’ancien logo : « Sonowest » en italic condensé, graisse maximale, tout en noir. Le genre de typographie qui veut signifier puissance et impact, mais difficile à lire en petit format ou à mémoriser.

      Le nouveau logo : « SONO » en noir très sombre et « WEST » en bleu cyan vif, les deux en sans-serif géométrique neutre. Simple, propre, avec un seul accent coloré.

      Le changement de personnalité est total. Pour une entreprise du son et de l’événementiel, c’est une prise de position claire : on ne vend plus une image de puissance brute, on vend un service professionnel et structuré. L’espace introduit entre « Sono » et « West » (vs le mot-valise « Sonowest ») aide aussi la mémorisation et donne à chaque mot sa place. Le cyan permet d’ajouter un côté mémorable et de le différencier d’une marque nationale qui porte presque le même nom avec laquelle je les confondait souvent : Sonovente

        7. Blind Spot

        L’ancien logo était très basique « BLINDSPOT LES ANGLES MORTS » en grandes capitales blanches sur fond noir. La devanture ajoutait « DISQUAIRE • LIBRAIRE » et « VINYLES NEUFS & OCCASION » — une offre élargie, entre disquaire et librairie.

        Le nouveau logo tranche : « BLIND SPOT. » en lettrage graffiti noir dans un carré jaune vif, « LES ANGLES MORTS » en blanc dessous. L’enseigne maintient toujours les informations pratiques  mais désormais seulement sur son enseigne — « DISQUAIRE VINYLE · K7 · CD NEUF & OCCASION ACHAT · VENTE · ÉCHANGE » . Un mot a disparu : « LIBRAIRE ».

        Ce rebrand dit deux choses en même temps. D’abord, un retour aux fondamentaux : en supprimant la librairie de leur identité affichée, Blind Spot resserre sa promesse autour du disque et de la culture vinyle. Ensuite, un changement de registre visuel radical : du sobre institutionnel au graffiti assumé.

        Blind Spot est le seul cas de cette liste où la marque a choisi de gagner en caractère plutôt qu’en neutralité. La plupart des rebrands vont vers le plus propre, le plus universel. Eux sont allés vers le plus ancré, le plus incarné. Le jaune vif et le lettrage brush disent immédiatement à qui ce lieu appartient et à qui il ne s’adresse pas.

        C’est une cohérence rare : l’identité visuelle et le positionnement métier évoluent dans la même direction.

          Conclusion : ce que ces changements de logo rennais ont en commun

           

          En regardant ces sept évolutions côte à côte, plusieurs tendances se dégagent.

          La première : beaucoup abandonnent le descriptif de leur catégorie dans le nom de la marque. « Burger » disparaît de Deiz Mat et Roadside. « eBikes » disparaît de Vélo Station. C’est une manière de ne plus se laisser enfermer par son produit initial et de se donner de la latitude pour évoluer.

          La deuxième : l’ancrage local revient. « Rennes » dans le logo de Vélo Station, « Brasserie Rennaise » pour BN — les marques locales assument et revendiquent leur territoire. Dans un contexte où les grandes enseignes uniformisent tout, c’est une différenciation forte.

          La troisième : la sobriété gagne du terrain. Les badges ornementés, les fontes cursives chargées et les tampon-stamps des années 2010 cèdent la place à des identités plus directes, plus faciles à décliner sur tous les supports.

          Un changement de logo n’est pas une fin en soi pour une entreprise à Rennes ou ailleurs. C’est le point de départ visible d’une stratégie. Ce que ces entreprises rennaises ont compris, c’est qu’une identité visuelle qui ne correspond plus à ce qu’on est devient un frein et qu’il vaut mieux prendre la décision de changer plutôt que d’attendre que l’écart devienne trop grand.

          Si vous sentez que votre logo ne vous représente plus, c’est probablement qu’il est temps d’y réfléchir sérieusement.

            Vous pensez à changer de logo ?

            En tant que graphiste freelance à Rennes, j’ai déjà effectué des refontes visuels pour des clients dont l’identité ne reflétait plus leur activité.
            Vous pouvez voir mes réalisations et découvrir comment j’ai aidé des entreprises à être plus alignées avec leur image dans mon portfolio ou prendre contact pour en discuter.

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